56 degrés | saison 1 – les rencontres

Une différence qui m’a interpelée lors de ce voyage est de nature sémantique : les Américains utilisent l’expression « safe travels » pour dire bon voyage. C’est selon moi assez révélateur de leur état d’esprit quant au voyage, lié souvent au risque et pas à la découverte, l’étonnement ou la sérendipité. Alors tout au long de mes rencontres, j’essayais de les convertir à l’expression « happy travels ».

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Une différence qui m’a interpelée lors de ce voyage est de nature sémantique : les Américains utilisent l’expression « safe travels » pour dire bon voyage. C’est selon moi assez révélateur de leur état d’esprit quant au voyage, lié souvent au risque et pas à la découverte, l’étonnement ou la sérendipité. Alors tout au long de mes rencontres, j’essayais de les convertir à l’expression « happy travels ».

En règle générale, j’ai été stupéfié par le générosité des Américains, quel que soit leur bord politique, religion ou État. Je me souviendrai toujours par exemple de ma rencontre avec Rick (mais je pourrais en citer des dizaines !) sur le bord du lac Michigan, en face de Chicago. Il est venu à ma rencontre lorsqu’il m’a aperçu avec mon vélo chargé en train d’étudier la possibilité de planter ma tente sur la plage.

 

Pas plus de 5 minutes après le début de notre discussion, il me proposait de dormir chez lui. Lors de notre soirée passée à discuter à bâtons rompus, j’ai découvert qu’il était l’animateur d’une communauté religieuse qui m’était inconnue : la Science chrétienne, qui pense que la maladie est la conséquence de pensées négatives.

Cette expérience m’a permis de toucher du doigt une grande différence entre nos approches de la notion de la « communauté » qui est un sujet très sensible ici comme là-bas. Traditionnellement en France, il n’y a qu’une seule communauté, les Français, quelle que soit leur origine ou leur religion. Souvent, l’allusion à une autre communauté est liée à une critique sous-jacente que les Américains ne comprennent pas.

Aux USA, la notion de communauté est à géométrie variable : le quartier, la ville, le pays, une religion, et toutes les communautés vivent ensemble avec parfois un niveau d’interactions proche du néant. Ce qui n’est pas pas sans poser problème non plus, par exemple dans le cas du traitement de la communauté afro-américaine par la police à majorité blanche, probablement le grand échec des mandats de Barack Obama. Combien de fois ai-je entendu la comparaison du nombre de meurtres de noirs par des policiers et du nombre de noirs tués par des noirs pour minimiser ce problème !