« Josef Helie passe. Il marche, me parcoure, m’observe, discret. Son ombre coule sur les murs, caresse ma silhouette quand le soleil est haut.
Il repasse, seul, tard. Nous avons un accord tacite, passé minuit il œuvre silencieusement et moi je fais semblant de dormir. Chacun fait ce qu’il a à faire, chacun sait. Et je sais que demain il reviendra m’arpenter, du pas assuré de celui qui ne craint pas le froid, l’eau, l’espoir, la curiosité.»

la rue

« Ce Josef Helie je l’attends au tournant. Encore un qui veut se frotter à moi ! A mon vécu, mon immortalité, mes stigmates. Je lui dis : “Vas‑y, sors le ton truc, j’en ai vu d’autres !” Et il a sorti la photo de son sac à dos, pour me la coller sur la peau. »

le mur

« On a un rapport particulier Josef Helie et moi. Normal quand on se fréquente depuis si longtemps. Et surtout quand l’intensité est présente depuis le début. Il effeuille les épreuves comme une marguerite et me dit “je t’aime, un peu, en couleurs, en noir et blanc… Pas du tout, je vais recommencer”. Il a la franchise, la détermination. Il m’habille, m’offre et je m’expose sans timidité. Il me replace dans mon milieu naturel, je n’ai plus qu’à m’épanouir devant vous. »

la photo