Jennifer Guinot : je suis désolée je n’ai pas de punchline…

Juin 16, 2020

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Ma relation avec Jennifer remonte à mon ancienne vie. Après avoir été consultante spécialisée dans le développement durable, elle travaillait à cette époque pour Michelin, cheville ouvrière de l’organisation d’un immense salon consacré à la mobilité à Chengdu en Chine. J’étais encore le directeur technique d’un cabinet de conseil en innovation, nous avions aussi travaillé sur l’événement. Depuis nos chemins ont suivi des trajectoires parallèles, devenus tous les deux indépendants et elle fraîchement installée à Bordeaux.

À peine l’entretient débuté, elle embraye en me confiant sa totale incompréhension à l’égard de certains de nos concitoyens, me donnant l’exemple d’un visiteur du salon de l’agriculture : « hier j’écoutais la radio, Guillaume Meurice, sur France Inter, et un gars lui répond à sa question au sujet des réfugiés qu’il est raciste, “un gros raciste” ».

Extrait de l’émission de Guillaume Meurice à 1mn 11s

« Migration, c’est plutôt un terme biologique qu’humain non ? »

Elle regrette que le débat se soit focalisé sur certains sujets dont celui des migrants, « Il faut se calmer avec ça… » Elle avait entendu parler quelques semaines avant d’une conférence au Théâtre National de Bordeaux Aquitaine qui l’avait fait réfléchir sur plusieurs notions, dont celle de l’hospitalité, qui est devenue secondaire selon elle. « Migration, c’est plutôt un terme biologique qu’humain non ? On en oublie l’humanité pour parler d’un groupe de gens. On ne différencie pas les individualités, l’histoire de chacun, c’est effrayant en 2017. »

Il y a selon elle bien d’autres thématiques majeures qui sont totalement absentes du débat : la culture et l’écologie.

Retrouvant son enthousiasme, elle enchaîne rapidement sur une découverte qu’elle a faite quelques jours avant : Crowdpac, un site internet qui permet de retrouver son alter ego politique parmi les différents candidats à l’élection présidentielle : « J’ai trouvé ça bien parce que les questions peuvent être pondérées en fonction de l’importance qu’on leur donne, ça m’a donné une correspondance avec un candidat avec lequel je suis en phase… mais je préfère la garder pour moi. »

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« Ce n’est pas possible d’être gouverné par quelqu’un qui ne connaît rien à la vie quotidienne des gens ! »

Comme beaucoup de Français, elle a peur de cette élection et particulièrement des candidats qui n’ont jamais travaillé de leur vie : « Regarde Fillon, tu te rends compte qu’il n’a aucune notion de l’argent gagné, ce n’est pas possible d’être gouverné par quelqu’un qui ne connaît rien à la vie quotidienne des gens ! »

Et comme beaucoup des personnes que j’ai rencontrées, elle se demande si elle ne va pas voter stratégiquement, un autre nom du vote utile, alors qu’il faudrait voter avec son cœur se demandant s’il ne faudrait pas supprimer les sondages.

« c’est rassurant, ils sont bien dans leur tête, j’ai envie de garder espoir. »

Notre entretien approchait sa conclusion mais elle voulait terminer sur une note positive : « j’ai confiance dans les nouvelles générations ! » Me citant l’exemple d’une amie, qui a fait partie d’un jury de sélection de financement de projets pour des jeunes qui sortaient de leur service civique, ils avaient tous une grande ouverture d’esprit, des idées intéressantes, elle me confie : « c’est rassurant, ils sont bien dans leur tête, j’ai envie de garder espoir ».